Limites

Malgré quelques exemples très encourageants rencontrés dans certains pays ou villes, la cyberdémocratie n’en est encore qu’à ses premiers pas. C’est un concept qui n’est pas aussi neuf qu’on puisse bien le croire. Ses bases ont en effet été posées depuis une ou deux décennies. C’est un sujet à controverse, qui soulève aujourd’hui  des questions de tous azimuts quant à son éventuel développement et apogée. Les principes de bases que la démocratie électronique s’emploie à développer se heurtent ainsi à des limites indéniables. Il s’agit notamment d’une volonté politique contraire, ainsi que de la fracture numérique.

La volonté politique contraire

Pour beaucoup, la cyberdémocratie est un idéal. Avec un accès et un contrôle disponible à tous les citoyens, notamment à travers un ordinateur de bureau, une tablette ou un simple téléphone portable, les citoyens retrouvent en effet les pleins pouvoirs. Pour les détracteurs du principe, c’est une porte ouverte au populisme et à la démagogie. On ne peut également ignorer les intérêts en jeu dans le monde politique. Partis et hommes politiques, médias, mais aussi grandes entreprises ont des intérêts à perdurer le système politique actuel.

Pour poser les fondements d’une cyberdémocratie, la voie législative est l’unique système possible. Ce sont des lois qui vont en définir les bases, lois qui seront soumises à l’appareil législatif en place, donc à la politique et aux politiciens actuels. Si cet aspect est avant tout un frein, c’est également une limite, car dans les pays ou localités dont le corps politique ne fait pas preuve de la volonté de l’adopter, la cyberdémocratie ne peut se mettre en place.

La fracture numérique

Aussi idéaliste qu’un pays peut être, et aussi avancée que puisse être son infrastructure de télécommunication, celui-ci ne peut se soustraire à certains facteurs économiques, mais aussi culturels. Ces facteurs concernent l’accès même et l’utilisation des outils multimédias qui sont la colonne vertébrale de la cyberdémocratie. Toute personne qui ne peut accéder au réseau, ou qui refuse tout bonnement de l’utiliser se retrouve en effet écartée du système. La participation à la vie politique est toutefois un droit fondamental dans tout pays démocratique. C’est ainsi que la fracture numérique limite dans un sens le développement de la démocratie électronique.